Sollers-Aubry

« Les hommes ont l’air psychiquement fatigués, comme le pays lui-même. J’ai déjà dit ma préférence pour la solide Martine Aubry, cet antipeopole absolu. »

 Philippe Sollers in « Journal du dimanche » du 27/03/2010.



La faute de Cabrel

J’ai trouvé le CD de Francis Cabrel « Des roses et des orties  » , paru en 2008, à un prix raisonnable chez Virgin: 10 €.

Une grande chanson: « La robe et l’échelle », petit bijou parfaitement écrit sur la persistance des émotions premières constitutives de fantasmes et une bonne chanson « Des hommes pareils ».

Un regret à propos de cette dernière: le texte de cette chanson figure sur le livret annéxé au CD. Or, il est écrit:

                                                                 Quelque soit le prix qu’on se donne

                                                                  On nage dans le même aquarium

 Certes, ce sont des vers qui se tiennent, mais « quel que soit « eût été mieux…



D’où vient Lénine

Dans son beau livre « Le testament français », texte d’une grande pureté classique ( Prix Goncourt et Médicis 1995 ), Andréï Makine écrit  que c’est le régime du tsar Nicolas II  » qui s’est rendu coupable des massacres sur le fleuve Léna- 102 personnes tuées! D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le grand Lénine s’est appelé ainsi- il voulait par son pesudonyme même fustiger les crimes du tsarisme! »

Dans sa biographie de Lénine, Hélène Carrère d’Encausse écrit que Vladimir Ilitch Oulianov a choisi ce pseudonyme » par référence au fleuve Léna qui coule paresseusement dans la région où  a vécu pendant près de trois ans l’exilé. »

 Lénine a été en effet déporté en Sibérie de 1897 à 1900. En conséquence, il est probable qu’il a choisi de s’appeler ainsi peu après.

 Or, les massacres de la Léna, faisant suite à une grève générale dans les mines d’or,  datent du 17 avril 1912 ( 150 morts et 100 blessés).

 Tout laisse donc à penser que Lénine a choisi son pseudo bien avant, contrairement à ce que suggère Makine.

Mais c’est chercher la petite bête et cela n’enlève rien à la beauté de son oeuvre dont je conseille ardemment la lecture.



Christophe Alévêque

Je connais mal ce fantaisiste, n’ayant vu que des extraits de ses spectacles ou l’ayant aperçu à la télé dans une de ces émissions où des faire valoir courant le cacheton servent à la soupe à l’animateur en essayant de faire rire, mais à chacune de ces visions j’ai trouvé ce type extraordinaire.

 Aussi, je suis persuadé qu’un jour, comme disait Brassens, les chiens auront besoin de leur queue, comme le monde du spectacle ne pourra se passer d’Alévêque.

Je précise que je ne porte içi  une appréciation que sur l’homme public.

 En effet, on ne peut pas dire qu’il joue la comédie ou qu’il a du talent puisqu »il est totalement naturel. Pas de second degré dans ses paroles. Par exemple, il revendique un anti-sarkozisme primaire et il est véritablement  primaire parce qu’il n’a, à l’évidence, pas les facultés nécessaires pour élever le débat. Il est en fait bas de plafond sans le faire exprès, ce qui fait son charme.  Son fonds de commerce est constitué de réflexions de fin de soirée recueillies dans un rade.Et, bien évidemment, comme tant d’autres, il se prend pour un moralisateur, un père la vertu détenant la vérité. C’est à la fois Bouvard et Pécuchet. On le compare à Desproges, ce qui est une ineptie! Il suffit pour s’en détromper de réécouter les sketches de Desproges qui étaient pétillants d’intelligence.

Alévêque ne serait probablement pas bon dans un rôle de composition. Pas pour lui d’entrer dans la peau d’un homme de classe. En revanche, il a toutes les qualités pour faire un traître, un fourbe, un cocu, une lopette. Là,  il devrait faire merveille.

Le cinéma, notamment, a toujours eu besoin de ces acteurs qui incarnent aisément un personnage.

C’est à ce titre qu’il deviendra un grand nom du show bizz, ce qui lui permettra de figurer bientôt, à coup sûr, dans le peloton de tête des personnalités préférées des français.



Hiver au Théâtre de l’Atelier

Dans sa critique parue dans le Monde, Brigitte Salino indique que Jon Fosse, l’écrivain norvégien auteur de la pièce, fait beaucoup usage des didascalies, ces instructions de mise en scène hors texte.

Cela peut, en conséquence, donner à penser que le metteur en scène n’est pas totalement libre, donc responsable.

Brigitte Salino termine son article en écrivant qu’il ne reste rien de la pièce. Doit-on comprendre que le texte écrit, que je n’ai pas lu, renforcé par les didascalies, est meilleur que la pièce jouée, que j’ai vue?

Est-il d’usage de s’affranchir des indications de mise en scène lorsque, comme au cas présent, l’auteur est toujours vivant?

 Il reste en tout cas un texte bien maigre, truffé de répétitions qui sont voulues mais lassantes et une mise en scène inexistante, tout simplement parce qu’il n’y a rien à mettre en scène.

 Je veux bien qu’on parle de déstructuration du langage comme j’ai pu le lire, mais nous sommes en l’occurrence très loin de Beckett.

Nous avons affaire à deux pauvres cloches qui ne sont même pas sauvées pas leur langage. Ils ne disent rien qui vaille.

Mystère de la rencontre, du coup de foudre? Certes, mais  une heure cinq de représentation c’est un peu court. On s’attend à tout moment que le spectacle décolle; or, la fin arrive vite sans qu’il ne se soit rien passé de notable.

 Que donnerait cette pièce jouée par de mauvais acteurs?

 Aussi, revenez nous vite, Mademoiselle BAYE, dans un rôle à votre mesure où nous apprécierons d’autant plus votre grand talent et votre si joli sourire.



Rue Montorgueil

Victor Hugo dans les « Misérables » ( Première partie -Fantine, chapitre VII), écrit à propos de Jean Valjean: » Il soulevait et soutenait parfois d’énormes poids sur son dos, et remplaçait dans l’occasion cet instrument qu’on appelle cric et qu’on appelait jadis orgueil, d’où a pris nom, soit dit en passant, la rue Montorgueil près des halles de Paris. »

Jacques Hillairet dans son « Dictionnaire historique des rues de Paris » cite une autre origine de cette dénomination. Pour lui, le nom de cette rue provient de ce qu’elle conduisait au mont Superbus ou mont Orgueil , dont le sommet est actuellement occupé par la rue Beauregard.

 L’orgueil est effectivement, selon le Robert, un cadre de bois ou de pierre qui fait dresser la tête d’un levier et le soutient pendant qu’il soulève un fardeau. La proximité des halles, lieu où l’on soulève de lourds fardeaux,peut expliquer l’origine du nom de cette rue.

Littré précise que les savants appelaient cet outil du beau nom d’hypomochion.

 Bref, à qui donner raison, au poête ou à l’historien?

 

 



Pardon Doris

J’ai eu du mal, beaucoup de mal à aller au bout des 764 pages, en livre de poche, de « Le carnet d’or » de Doris LESSING.

J’ai honte car l’auteur a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.

Honte également car Joyce Carol Oates, que j’admire, a écrit qu’ »on ne dira jamais assez combien ce livre a compté pour les jeunes femmes de ma génération. Il a changé radicalement notre conscience. »

D’abord, je ne suis pas une femme. Par ailleurs, cette oeuvre date de 1962; or, il s’est passé bien des choses depuis. Les préoccupations ne sont plus les mêmes et l’histoire qui nous est contée n’a pas, selon moi, la vertu d’être universelle.

La trame du roman est originale mais ne m’a pas intéressé. On y perd ses repères, les personnages se confondent et il ne leur arrive en fait rien.

Le principe des carnets, en quelque sorte différents journaux intimes de la même personne, fait que la narration est confuse.

Un grand livre? Peut-être. Si c’est le cas, je suis passé totalement à côté.

J’essaierai un autre titre pour voir si toute l’oeuvre de Doris Lessing est du même tonneau.

Il est à noter que dans sa préface, elle dit « qu’il ne faut pas livre un livre quand ce n’est pas le bon moment pour vous… et ne pas hésiter à l’abandonner quand il vous ennuie. »

Ce n’était à coup sûr pas  le bon moment pour moi, en revanche, j’ai terminé la lecture, malgré l’ennui.

 

 

 



BHL fidèle à lui-même

Dans un bloc-notes du Point intitulé « Pourquoi il faut, plus que jamais, se défier de KADHAFI » Bernard-Henri LEVY s’insurge, avec raison, sur l’accueil triomphal qui a été réservé à Tripoli à l’organisateur de l’attentat de Lockerbie, Abdelbaset al-Megrahi, qui a été libéré pour raisons médicales.

 Dans le même temps, il ne « trouve pas anormal le principe d’humanité qui permet à un vieux prisonnier, atteint d’un cancer en phase terminale, de voir sa peine abrégée et de rentrer mourir dans son pays. »

Alors, pourquoi tant d’indignation?

Le fait d’admettre ce principe conduit naturellement aux dérives auxquelles nous avons assisté. Il y aura toujours quelqu’un pour se réjouir, publiquement ou en privé, de la libération d’un serial killer ou d’un tueur d’enfants.

Et dans tous les cas, on se fiche totalement de ce que peuvent penser les proches des victimes, dont la vie a pu être brisée.

Sans compter , qu’en l’occurrence, évoquer le principe d’humanité alors que l’individu qui a bénéficié de cette clémence a 270 morts à son actif, c’est un peu fort!

Mais j’ai probablement mauvais esprit puisque je ne me suis jamais résolu à tendre l’autre joue , comme le prescrivent les écritures.



Pour en revenir à Lagaf’

En réponse à un fan de Lagaf’, je reviens sur le film dont ce dernier est le héros et qui n’est pas encore sorti en salle.

Ce n’est pas Lagaf’ qui est en cause. Je n’ai rien contre lui. Le personnage public me paraît sympathique et il fait preuve de réellles qualité d’animateur. Son succès sur TF1 le prouve. On ne peut durer aussi longtemps sans avoir de talent, bien qu’on ne puisse  pas plaire à tout le monde.

En revanche, le film n’est vraiment pas bon. Il s’agit, si je me souviens bien,de l’histoire d’un animateur de jeux télévisés qui, suite à un quiproquo ,est mêlé à une affaire de trafic d’armes (ou d’espionnage?).

Ce n’est pas que Lagaf’, égal à lui-même, joue mal, il est surtout mal dirigé. Je suis certain que mieux employé il pourrait, comme d’autres, s’en sortir honorablement. Au cinéma, tout dépend du réalisateur. Or, en l’occurrence, la réalisation est inexistante.

Certes, on peut me dire qu’il s’agit d’un pastiche fait avant tout pour amuser et qu’il ne faut pas être trop exigeant.  Les « Tontons flingueurs » est aussi un pastiche ,sauf que là nous avons affaire à un chef d’oeuvre du genre, aussi bien au niveau des dialogues que du jeu des acteurs.

Ce qui fait la différence: le travail.

Le comique est, selon moi, et de loin , le genre le plus difficile. Il faut du rythme, des dialogues travaillés, des répliques qui restent en mémoire, des scènes mémorables originales ( cf les films de Gérard Oury, de Georges Lautner, de Francis Weber).

Bien évidemment, on peut faire un film comique sans avoir l’ambition d’égaler les sommets.

En fait, au cas présent, il ne fallait pas tout miser sur Lagaf’ et compter uniquement sur sa renommée et ses talents comiques.

On ressort de la projection en ayant le sentiment d’avoir assisté à un film bâclé.

 

 



No pasaran: hélas, il est passé!

Sur les conseils de Télérama ( qui sont de plus en plus de moins en moins avisés), j’ai regardé hier soir sur Cinéma Club, No pasaran , un film documentaire d’Henri-François Imbert qui date de 2003.

 Je croyais voir un film sur la guerre d’Espagne, traitant plus particulièrement de la situation des républicains qui sont passés en France. Or, j’ai dû subir un pensum interminable ( et pourtant le film ne dure qu’une heure et dix minutes) sur les tribulations laborieuses d’un collectionneur de cartes postales. De surcroît, un commentaire pontifiant sussuré par une voix soufreteuse distillait un ennui mortel tant les propos étaient inintéressants.

Deux témoins mytérieux, venus d’on ne sait où, l’un ne pouvant pas en dire plus alors qu’il n’avait rien dit, sont intervenus sans que je comprenne la finalité de leur message.

Et puis des plans fixes d’au moins trente secondes, des images en boucle de la mer toujours recommencée:bref, un travail prétentieux sans aucun intérêt.

J’ai compris l’enthousiasme de Télérama à la fin lorsque l’auteur met en parallèle les camps de réfugiés espagnols avec les camps de cooncentration nazis, en terminant en apothéose sur la situation des afghans à Sangate.

 Voilà, où Henri-François Imbert voulait en venir, se faisant le chantre de la perverse idéologie actuelle.



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