Un naufrage

J’ai assisté en projection privée à un film intitulé « Le Baltringue », dont le protagoniste et le scénariste est Vincent Laga’f, l’ex animateur d’un  jeu diffusé en fin d’après-midi sur TF1.

Ce film est un navet de premier ordre. Tout est à jeter. Le scénario est indigent, les acteurs sont nuls, la mise en scène est inexistante. Un véritable pensum.

 Je ne sais si ce film sera diffusé en salle. Cela  n’est pas souhaitable. Il est toutefois impensable que des professionnels puissent financer un spectacle aussi minable.

 Studio Canal semble avoir été de la partie. Est-ce l’antisarkosysme sous-primaire dont fait preuve le fil qui a séduit cette boîte de production?On n’ose le croire.

 A vomir.

 

 



Allons-y franco

Pour certains, un dictateur ne peut-être qu’un pervers polymorphe. Ils s’ingénient à détecter dans tous les actes de sa vie, dans ses goûts, dans ses amours,les symptômes de cette déviation.

 Michel del CASTILLO, dans « Le temps de Franco », contrairement à la plupart des biographes du Caudillo, a une approche tout à fait singulière.

Il démontre en effet que Franco était un personnage privé ordinaire qui ne se caractérisait par aucun vice notable.

Toutefois, homme sinistre et austère,  il a très tôt fait montre d’une autorité sans faille. Il savait, lui aussi, donner du temps au temps comme tous les grands politiques et son accession à un pouvoir sans partage n’est que le résultat d’une série d’opportunités et non d’un plan de carrière préétabli.

 Ce récit n’est pas une réhabilitation de Franco. On n’y décèle  aucune complaisance. L’auteur a le souci de rétablir des vérités, occultées  trop souvent par des passions aveugles.

Un livre passionnant.



L’habit fait-il le moine?

Le titre d’un livre,c’est son apparence. Au- delà, c’est l’inconnu. Mais un titre accrocheur peut nous inciter à lire l’ouvrage, en courant, bien évidemment, des risques.

J’aime les titres, autant que les premières phrases, comme celle-ci: »Blanche avec un nom comme cela quand on est blonde, et encore d’un blond blanc. » ( Aragon, « Blanche ou l’oubli. »)

Des titres , en voilà. Un des virtuoses en la matière étant pour moi Gilbert CESBRON, écrivain presque oublié ( 1913-1979). Il a écrit « Chiens perdus sans collier » « Il est minuit, Docteur SCHWEITZER » « Vous verrez le ciel ouvert » « Une abeille contre la vitre » « C’est MOZART qu’on assassine ».

Et SAGAN : « Dans un mois dans un an  » , »Aimez-vous BRAHMS ? » et mon titre préféré: « Les violons, parfois… »

Et même Christine ANGOT: « Quitter la ville », « Pourquoi le Brésil? »

Tous ces titres étant, par ailleurs, de bons livres.



Un livre exemplaire

Jacques CHESSEX bâtit une oeuvre remarquable. L’auteur de « L’Ogre » prix Goncourt 1973, poursuit sa plongée dans les noirceurs de l’âme humaine.

Ses textes, généralement courts, ont une force peu commune.

« Un juif pour l’exemple » raconte l’assassinat en 1942 d’un marchand de bestiaux de Payerne, bourgade suisse,  » confite dans la vanité et le saindoux », par des revanchards que fascine la virilité germanique.

 CHESSEX avait huit ans à l’époque et vivait à Payerne , lieu qui l’a vu naître.

C’est donc une histoire vécue en direct qui nous est relatée « et il arrive que le vieil écrivain se réveille en pleine nuit « toujours hanté par ses souvenirs.

Mais rien n’a changé. L’affaire HALIMI est là pour le prouver.

Un livre actuel.



Le prix de Diane

Qu’est-ce qui pousse un turfiste avisé à miser sur un cheval auquel il ne croit pas ?Trop de réflexion sans doute. C’est ce qui a conduit Christophe DONNER à parier 20 000 € sur Ségo lors de l’élection du premier secrétaire du PS.

Ce livre fourmille de portraits savoureux. Celui de Jean-Louis BIANCO par exemple: « au service de Mitterrand…et qui se faisait aujourd’hui le chevalier de Ségolène. Il me faisait penser à un grand garçon qui aurait reçu un coup sur la tête et se serait mis tout à coup à jouer à la poupée. »

Les livres qui font rire ne sont pas légion. L’humour de DONNER n’est pas méchant. Il témoigne d’une très grande lucidité, voire d’un certain désenchantement sur le monde politique.

L’auteur a perdu son pari. Doit-on le regretter?

Ce texte est un régal.



La princesse et le troubadour

Il faut lire Angot d’une traite. Sans respirer. Comme un nageur de fond dans une piscine. Ne remontez pas à la surface sinon vous interromprez  le charme. Car du charme il y en a .N’en déplaise à ses détracteurs. Qui sont nombreux. Il y a du Sagan dans Angot et un poil de Marguerite Duras.

Angot ne doit pas se relire, ou si peu. Peu importe. Elle écrit comme elle vit,au jour le jour.

Son idylle avec le Doc tient du conte de fée. C’est Blanche-Neige ou Cendrillon à la Chapelle. C’est la Belle et le clochard. C »est la gauche caviar envoûtée par La Courneuve. Saint Germain des Prés qui s’encanaille rue de Lappe.

« Le marché des amants » méritait le prix Goncourt. C’est un vrai roman moderne.

Le Doc est sympa. Il a de la morale. Angot est touchante d’amour perdu.

A lire.

 



La dernière séance

Johnny au Stade de France. Johnny ne surprend pas. Il rassure. Ca  ne finira jamais. Je vous aime. Nous l’aimons.C’est Jean Dujardin dans OSS 117. C’est la France du Général De Gaulle.

Quoi! ma gueule. Une gueule. Une présence physique imposante. Même immobile, il bouge. Economie gestuelle. Des musiciens fabuleux. De quelle planète vient cette harmoniciste ?

Envie d’avoir envie, je l’envie de ne plus avoir envie. Rien qu’une heure, une heure quelquefois, une heure seulement, être Johnny!



Merci de votre compréhension

Hier en fin d’après-midi je suis dans le TER qui vient de Compiègne. Arrêt en rase campagne près de Goussainville.

 » Problème de circulation en gare de Saint-Denis » nous annonce-t-on.

Arrivée gare du nord avec une heure et demie de retard.

« Problème d’alimenration électrique en gare de Creil »

Les TER et trains Corail sont supprimés.

Ce matin, la radio n’a parlé que du problème sur Bordeaux lié à la collision de deux trains de marchandise.



Plus dure sera la chute

Dans « Pariscope » de cette semaine Caroline LOEB ( C’est la ouate) se livre. Elle est de bon conseil. Elle a dernièrement visité l’exposition sur le jazz au Quuai Branly qui, selon elle, est…à tomber par terre.

Elle également découvert le restaurant « La mascotte » rue des Abbesses dont les bulots sont aussi à … tomber par terre.

Caroline est une grande émotive, ce qui la rend sympathique.

 Orsay est un de ses musées préférés. Elle dit, qu’Orson Welles y a tourné des scènes du « Procès ».

Certes, mais en 1962 le musée n’existait pas. La gare d’Orsay était désaffectée et les grands espaces vides sous la voûte furent transformés en studio le temps du tournage du film.

 



Comme les blés

Joyce Carol OATES, écrivaine américaine nobélisable, a disséqué Norma Jane BAKER, alias Marilyn MONROE, dans une biographie romancée de près de mille pages.

Ce livre, fascinant, s’intitule « Blonde ». On se demande en le lisant où est la part de vérité. Les personnages sont le plus souvent cités sous leur vrai nom. En revanche, Arthur MILLER est le Dramaturge, Lee STRASBERG est Max PEARLMAN et John HUSTON est H. Pourquoi?

Probablement parce que l’auteure s’est appropriée Marilyn; elle en a fait l’archétype de la femme victime du désir des hommes. Donc, toute ressemblance avec un personnage existant ne peut-être que fortuite.

Les chapitres narrant la liaison de l’actrice et de KENNEDY sont des morceaux d’anthologie.

La rencontre avecYves MONTAND n’est pas évoquée. Elle aurait, cependant, eu beaucoup d’importance pour Marilyn.

Marilyn, la blonde, a été « fauchée » comme les blés.

Aragon a écrit: « on dit blond comme les blés, mais avez-vous regardé les fougères? »



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